Dans notre parcours professionnel, nous avons toutes et tous à un moment donné râlé contre le système de classement de type « des chiffres et des lettres ». A titre personnel, je ressentais cette frustration avant tout quand je devais orienter le client. « La ville de Fribourg au Moyen-âge ? Bien sûr, c’est dans l’aile Nord de la bibliothèque, 9(49.441) HIST ». Là, il y a deux options : le client part sa boussole d’une main, et le plan de classement de l’autre, ou il quitte la bibliothèque.

En parallèle, nous avons toutes et tous l’habitude d’aller en librairie, et de trouver facilement le guide de voyage de Séville, sous Espagne > Andalousie > Séville, puis de choisir entre le Cartoville, le Lonely Planet ou le Guide du routard. C’est clair, simple, logique. Alors pourquoi deux institutions si proches dans leur fonctionnement– en caricaturant, les deux ont des livres classés sur des étagères – doivent-elles faire vivre deux expériences clients si différentes ?

En 2016, Nicolas Beudon questionne l’abandon des systèmes de classement traditionnels (CDD, Dewey) dans son article Le bookstore model » : le retour de la vengeance des classements par centres d’intérêt.

Et vous dans vos bibliothèques ? N’avez-vous pas toutes et tous des petites collections sur ce modèle ? Cela a été le cas pour moi dans ma précédente fonction, mais la découverte d’un système de langage naturel à mon arrivée à MEMO, en Ville de Fribourg, a été révélatrice. Quand un enfant cherche son premier documentaire sur la planète Mars,  c’est avec le sourire que l’on répond. «Va voir avec les autres livres sur le sujet dans  « Natur erleben > Weltraum » » et non pas 629.29 BIZO Et quand votre bibliothèque accueille des collections en deux langues avec ces deux systèmes de classement, c’est assez… frustrant. Le développement du système de classement en langage naturel, assuré par la commission « standards » de Bibliosuisse, est donc une opportunité pour les bibliothèques bilingues certes, mais aussi pour toutes les bibliothèques romandes. Biblioromandie a donc voulu vous poser la question. Dans quelle mesure les bibliothèques publiques et scolaires suisses romandes seraient-elles intéressées par une adaptation de ce système en français ?