Quelle est la valeur des bibliothèques publiques ? Christophe Evans

Quelle est la valeur des bibliothèques publiques ? Christophe Evans

Comment parler utilement et efficacement de la « valeur » des bibliothèques publiques, de leurs effets sur les populations et les régions, ainsi que de la question de leur accessibilité (et par conséquent de leurs horaires et jours d’ouverture) ?
Il peut être utile de revenir sur certaines de leurs caractéristiques fondamentales et en particulier sur le fait qu’elles sont des institutions culturelles et sociales.

C’est ce que Christophe Evans propose de faire à partir d’une approche sociologique, mais aussi d’exemples concrets empruntés aux bibliothèques en Europe et dans le monde.

Christophe Evans est sociologue, responsable du service Études et recherche de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou. Spécialiste de la sociologie des publics des bibliothèques et de la méthodologie des enquêtes.

Collaborer dans le monde associatif professionnel : une nécessité !

Collaborer dans le monde associatif professionnel : une nécessité !

Michel Gorin, Vice-président de Biblioromandie

Cet article a été publié dans Hors-texte n° 125 (octobre 2023), revue de l’AGBD

Le Comité de Biblioromandie, (ré)élu le 21 avril 2023 et fort de neuf membres, s’est organisé sous la forme d’une holacratie, impliquant une gouvernance distribuée, des responsabilités partagées, des valeurs communes et des méthodologies de travail efficientes[1].

Les responsabilités ont été discutées au sein du Comité sur la base des compétences et du plaisir à assumer ces rôles. L’organisation mise en place est faite de Cercles :

  • Trois Cercles stratégiques : Réseau et rayonnement, Formation, Activités
  • Un Cercle opérationnel : Support et administration.

Chaque Cercle est mené par une personne (le « Premier lien »). Il est divisé en Domaines, chacun d’entre eux étant géré par un·e « Leader » et bénéficiant de deux ou trois personnes en soutien.

Un tel fonctionnement n’est possible que si deux conditions sont remplies, résumées en ces mots : confiance et, surtout, collaboration. Confiance, parce que chaque membre doit s’impliquer de manière autonome dans son ou ses rôle(s), afin que les autres membres puissent toujours compter sur elle ou lui. Collaboration, parce que l’accomplissement des buts de Biblioromandie décrits dans ses Statuts, ainsi que la mise en œuvre des axes stratégiques quadriennaux et des objectifs annuels fixés par le Comité, impliquent que les membres de ce dernier échangent et collaborent en permanence (lors des séances de Comité, de Cercles, de Domaines, à distance ou en présentiel).

Au sein d’un Comité tel que celui de Biblioromandie, chaque membre assume bénévolement sa tâche, pour l’essentiel en dehors de son temps de travail. La motivation de chacun.e et l’envie de contribuer à l’avancement et à la reconnaissance des métiers ou institutions du monde des sciences de l’information, sont par conséquent le carburant qui fait fonctionner la machine associative.

La volonté de collaborer entre membres motivés d’un Comité est donc fondamentale. Par ailleurs et tout particulièrement dans le contexte de Biblioromandie, association régionale active sur un territoire riche en associations professionnelles cantonales (parmi lesquelles l’AGBD) et liée à son association nationale Bibliosuisse en qualité de section, des coopérations avec ces autres actrices incontournables est tout aussi essentielle. On peut donc évoquer des collaborations « intra-associatives » et « extra-associatives ».

La collaboration permet tout d’abord et très simplement d’échanger des idées, de partager des connaissances, expériences et ressources. Elle permet en outre de tirer le meilleur profit des diverses compétences apportées par les un.e.s et les autres. D’un autre côté, travailler ensemble est parfois nécessaire, afin d’atteindre des objectifs qui concernent plusieurs dicastères ou qui sont communs à différentes associations (il suffit de parcourir leurs Statuts pour se rendre compte des nombreuses synergies possibles).

Lorsque des problèmes doivent être résolus, c’est aussi en œuvrant de concert que l’on parvient à leur trouver des solutions créatives, originales. En outre, toute forme de collaboration implique la création et l’expansion de réseaux professionnels, indispensables à la fois aux associations et à leurs Comités, mais aussi à chacun.e de leurs membres : le « réseautage » est nécessaire dans notre domaine, car il permet bien souvent de ne pas « réinventer la roue » et d’aller de l’avant de manière significative.

Enfin, la collaboration est à même de renforcer l’influence qu’une association peut avoir auprès de ses membres et, plus généralement, dans notre domaine professionnel.

Si Biblioromandie et ses associations-sœurs veillent à éviter certains écueils, tels que le défaut de communication, le manque d’engagement des membres du Comité et les velléités de faire cavalier seul que l’on constate parfois – véritablement incompatibles avec cette nécessité de collaborer – leur avenir s’annonce radieux !


[1] Pour une définition de l’holacratie, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Holacratie. Précisons par ailleurs que le Comité de rédaction de votre revue préférée est lui aussi organisé suivant les mêmes principes.

Klartext : un système de classement en langage naturel

Klartext : un système de classement en langage naturel

Dans notre parcours professionnel, nous avons toutes et tous à un moment donné râlé contre le système de classement de type « des chiffres et des lettres ». A titre personnel, je ressentais cette frustration avant tout quand je devais orienter le client. « La ville de Fribourg au Moyen-âge ? Bien sûr, c’est dans l’aile Nord de la bibliothèque, 9(49.441) HIST ». Là, il y a deux options : le client part sa boussole d’une main, et le plan de classement de l’autre, ou il quitte la bibliothèque.

En parallèle, nous avons toutes et tous l’habitude d’aller en librairie, et de trouver facilement le guide de voyage de Séville, sous Espagne > Andalousie > Séville, puis de choisir entre le Cartoville, le Lonely Planet ou le Guide du routard. C’est clair, simple, logique. Alors pourquoi deux institutions si proches dans leur fonctionnement– en caricaturant, les deux ont des livres classés sur des étagères – doivent-elles faire vivre deux expériences clients si différentes ?

En 2016, Nicolas Beudon questionne l’abandon des systèmes de classement traditionnels (CDD, Dewey) dans son article Le bookstore model » : le retour de la vengeance des classements par centres d’intérêt.

Et vous dans vos bibliothèques ? N’avez-vous pas toutes et tous des petites collections sur ce modèle ? Cela a été le cas pour moi dans ma précédente fonction, mais la découverte d’un système de langage naturel à mon arrivée à MEMO, en Ville de Fribourg, a été révélatrice. Quand un enfant cherche son premier documentaire sur la planète Mars,  c’est avec le sourire que l’on répond. «Va voir avec les autres livres sur le sujet dans  « Natur erleben > Weltraum » » et non pas 629.29 BIZO Et quand votre bibliothèque accueille des collections en deux langues avec ces deux systèmes de classement, c’est assez… frustrant. Le développement du système de classement en langage naturel, assuré par la commission « standards » de Bibliosuisse, est donc une opportunité pour les bibliothèques bilingues certes, mais aussi pour toutes les bibliothèques romandes. Biblioromandie a donc voulu vous poser la question. Dans quelle mesure les bibliothèques publiques et scolaires suisses romandes seraient-elles intéressées par une adaptation de ce système en français ?